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REGISTRES DU BUREAU
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seulle et vraye espouse de Dieu qui enseigne la vraye et seure doctrine et chemyn de la vie eternelle, comme celle qui est et a tousjours esté assistée et gouvernée du Sainct Esperit, lequel l'a faict triumpher au meilleur des tribulations et pardessus tous vens contraires et assaulx de faulces doctrines, et qui demeurera tousjours flutuante, militante et non pereclitante, jusques à la fin et consommation du monde, suyvant les promesses de son espoulx Jesu Christ, lequel luy a donné ceste proprieté de vaincre quant elle est blessée, d'entendre quant elle est arguée, d'estre asseurée quant elle est dellaissée, d'obtenir victoire quant il semble qu'elle soit suppeditée, et de se relever delivrée quant il semble qu'elle soit vaincue et désespérée, comme lesd, habitans ont tousjours creu et croyent, et en sont asseurez. Et lesquelz, tant souvent pour estre gardez en leur saincte religion, ont faict tout l'iver passé assidues remonstrances à Mess™ les Prevost des Marchans et Eschevins de lad. Ville, les per-suadans instanment et sans discontinuati ond'aller vers le Roy et son Conseil luy faire les trés humbles remonstrances des dangers où estoit lad. Ville à cause desd, nouvelles doctrines, et le supplier de entretenir lesd, habitans en leur ancienne religion et ne permectre que ladicte nouvelle religion de Satan et eglise des meschans feust enseignée en lad. Ville, qui est cappitalle de ce royaulme, l'exemple et mirouer de toutes les autres villes de la Chres-tienté, mais les laisser vivre comme tous les roys de France ont par cy devant vescu, depuis le roy Clo-vys, premier roy chrestien, jusques à present. Lesquelles remonstrances furent faictes par plusieurs foys et non oyes, jusques à ce que les séditieux et rebelles à Sad. Majesté se feussent saisiz des princi-
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palles villes de ce royaulme»'1', prins l'argent des finances du Roy et de la pluspart des generalitez de ce royaulme '2' pour luy faire la guerre et estre les maistres, se couvrans d'une nouvelle religion. Allors fut ordonné et commandé par le Roy de Navarre, Lieutenant dud. Sr par tout ses royaulme et pays, de lever par ceulx de Paris dix huit cens hommes de pied pour garder les portes de lad. Ville(3), lesquelz feurent, incontinant levez et souldoyez aux despens des habitans de lad. Ville, et pour ce faire fut promptement advancé la somme de vingt mil livres tournois par aucuns marchans de lad. Ville.
L'entrée du Roy X Paris. Le sixiesme jour d'Avril mil vclxii, le Roy estant encores jeune, de l'aage de xi à xii ans, feist son entrée à Paris, et Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins et bourgeois de lad. Ville allerent au devant de luy en leurs bons habitz seullement, sans autre solempnité ne triumphe, reservant les solemp-nitez acoustumées à autre meilleur temps.
. Le samedi, nuc jour d'Avril mil v° lxii, après Quasimodo, arriva en lad. ville de Paris monseigneur le Connestable, duc de Montmorency'4', lequel des le matin qu'il fut arrivé, avec bonne compaignée s'en alla faire rompre et abalre lesd, temples de Jherusalem et du Patriarche es faulxbourgs Sainct Jacques et Sainct Marcel, et l'aprèsdinée, celuy de Poupin-court hors la porte Sainct Anthoine'5'.
FaULCE ALARME À CEULX DE PARIS.
Le quinziesme jour de May, seurveille de la Pen-thecoste, mond. sr le Connestable, ayant envye dé veoir si le peuple de Paris, auquel le Roy avoit com-
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(■) Voir dans les Mémoires de Michelde Castelnau, t. I,p. 90, et dans ceux de Claude Haton, t. I, p. 248, ia longue énumération des villes qui tombèrent au pouvoir des huguenots; Rouen fut pris du 15 au 16 avril, Lyon le 3o avril. Bourges le 27 mai. . (2) Non content de convertir en monnaie les calices et croix d'or et d'argent des églises, le prince de Condé se saisit -des receptes des tailles, gabelles et impositions du Roy en toutes les villes et élections, ensemble des deniers du domaine du Roy;-. {Mémoires de Claude Haton, t. 1, p. 268.) On voit par les Mémoires du prince de Condé, p. 683, que les huguenots retinrent sur la recette de Vendôme ala somme de vingt-cinq mille livres appartenantes au Roy de sa recepte générale».
(3> C'est le 2 4 mars que l'on mit des gardes aux portes de Paris, et que l'on décida de ne laisser ouvertes que les maîtresses portes au nombre de six, net ce pour les factions et entreprises du prince de Condé, de l'Admirai, de d'Andelot et de plusieurs autresn. {Mémoires du prince de Condé, p. 622; Journal de l'année 156a, p. 8g.)
(-> Le connétable de Montmorency venait de Melun où se trouvait la Cour, mais son arrivée à Paris est non du 24 avril, comme le porte à tort le Registre, mais du 4 avril, veille de Quasimodo.
(-) Les temples huguenots, dits de Jérusalem et de Popincourt, furent occupés militairement le 4 avril i56a parle Connétable, qui livra à ses soldats toutes les armes s'y trouvant, et fit brûler les chaires et bancs; la populace de Paris se porta le dimanche de Quasimodo, 5 avril, à Popincourt, et après avoir démoli la maison du prêche, en arracha les poutres et tout le bois, dont on fit un feu de joie devant l'Hôtel de Ville, aux cris de : Dieu n'a pas oublié le peuple de Paris. {Mémoires du prince de Condé, p. 628 ; Journal de l'année i56v, p. 91-92.)
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